• Vivre dans une grande ville quand t'es une campagnarde

    Vivre dans une grande ville quand t'es une campagnarde

    Venant d'une petite campagne bien isolée de tout, je n'avais qu'une peur : la rentrée dans cette grande ville qu'estAmiens. Je pensais clairement que j'allais me faire manger toute crue, que je n'étais peut-être pas si mature et qu'en réalité je n'avais que 12 ans de courage et de mentalité citadine (yes). J'ai dû m'adapter, j'ai dû changer mes habitudes, j'ai dû évoluer comme ces herbivores face à la faune et la flore lors de tous ces millénaires. Voici mon histoire (TOUDOUM).

    1) La première chose auquel il faut s'habituer, je pense, c'est le BRUIT. A la campagne tu entends continuellement le gouzi gouzi des mignons petits oiseaux, les bagarres de chats, les aboiements de chiens, le coq qui hurle à 7h du mat et à 19h car cet abruti est déréglé, les vaches, tout ça.

    Ici, rien...

    Les oiseaux ? Tu ne les entends pas non, ce sont les sirènes des ambulances et des voitures de police qui remplacent leur joli gouzi gouzi. Alors certes tu as toujours les aboiements de chiens, et n'oublions pas les bagarres toujours présentes à 2h du mat : mais au lieu que ce soit entre chats, ce sont entre deux poivrots : une espèce totalement abrutie qui ne semble pas bien évoluée. Leurs cousins ? Ceux qui gueulent en dessous des fenêtres, un régal pour les oreilles > il faut donc prendre des boules quies si tu veux survivre au début, le temps de t'habituer. Surtout lorsque tu habites dans une résidence d'étudiant remplis de fêtards et d'amateurs de foot qui gueulent à chaque match dans le couloir JUSTE DEVANT TA PORTE A TOI. Pourquoi ? Sans doute est-elle plus conviviale que la leur, je l'ignore.

    2) Ensuite ce qui change ? L'hygièèèèèène. Tu es obligée de prendre ces vaisseaux spatiaux colonisés par les microbes et les gros porcs qu'on appelle plus communément : BUS. Le gel anti-bactérien devient alors ton meilleur ami, toi qui te moquait de ces hypocondriaques. Et pas question de toucher la barre ou la vitre sur laquelle subsiste cette tâche de morve laissée par un mec enrhumé et jamais nettoyé depuis. Tu n'as jamais pris autant de douche (la facture t'en remercie), allant jusqu'à innover dans des soins pour la peau pour la protéger de toutes ces attaques polluantes que contient la ville : masque, exfoliant, schampoing, après-shampoing, gel douche hydratant, crème hydratante, lavage de dent 10 fois par jour (de peur de puer comme ceux que tu rencontre le matin : tu te demande même ce qu'ils prennent au ptit-dej > du camembert sérieusement?). Jamais tu n'as paru aussi propre, savourant tes habits et humant leur délicate odeur de lessive et de soupline (vous ais-je déjà dit qu'une vendeuse m'avait complimenté sur mon odeur de lessive?)

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    3) Et là, face à tous ces gens beaux et healthy (car Amiens est une ville étudiante où la jeunesse règne), tu te mets à complexer un peu et décide de, toi aussi, vivre une merveilleuse vie saine pleine de fruits et de légumes. Alors tu prends toujours ta bouteille d'eau sur toi pour t'hydrater (et t'empêcher de manger trop car boire remplit l'estomac), tu te mets secrètement à faire des abdos et des squats chez toi (je ne sais toujours pas comment ça fonctionne d'ailleurs) et à tenter de manger moins gras.

    Mais...

    Toi qui habitais dans une campagne paumée sans rien autour, te voilà envahit de fast-food et de restau' en tout genre qui te séduisent de façon pernicieuse. Tu as dû mal à résister, tu te dis que tu ne dois pas céder mais après une journée de partiel, c'est parfois très dur. Alors tu remarque d'un coup l'existence d'être étranges et beaucoup plus laids que toi, qui traînent dans leur vêtement porté depuis des lustres sans avoir été lavés depuis leur achat et tu te dis que finalement t'es pas si mal comme ça, et pouf tu te retrouve devant une borne à commander chez Mcdo et Burger King (tentation encore plus dure quand tu n'habite qu'à quelques mètres). Finalement, la diversité de la ville te fait te sentir normale, certes il y a pleins de gens beau, mais à quoi bon car toi tu es normale ? Et surtout, pourquoi s'habiller comme une princesse quand tu es toi-même dans une fac d'art ? Si t'étais dans cette fac de droit où chaque étudiantes s'habillent de la même façon de façon hautaine, ok, mais là tu peux venir en pyjamas que personne n'y ferait attention (sauf peut-être sur le chemin pour y aller).

    4) Vivre en ville c'est aussi apprendre à être patient. Combien de fois es-tu rester à attendre un bus qui n'est jamais passé ? Ne parlons pas non plus de l'incompétence des secrétariats de n'importe quelle société (et notamment, et SURTOUT celle de ta fac, sinon ce ne serait pas drôle). Tu deviens alors un véritable temple de zénitude. Quelqu'un te pousse ou te double ? Ce n'est pas grave. Le bus ou le train ne passe pas ? Qu'est-ce que 2h dans une vie après tout ?

    Tout te passe au dessus à présent. Les parisiens, tu les comprends totalement bien que toi tu es devenue la personne la plus patiente au monde. A quoi bon ?

     

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    5) La ville te permet de découvrir également de nouveaux horizons, tu découvres qu'il y a autre choses que les burgers : les bagels. Et ça, c'est beaucoup plus healthy et tu culpabilise moins. Tu découvres de magnifiques boutiques atypiques, mais tu en perds ton budget et ça c'est quelque chose de très dur quand tu habites en ville. En campagne, à quoi bon avoir une carte bleue ? Tu ne t'en sers pas, ce ne sont pas les moutons du quartiers qui vont te la demander. Mais en ville, tu as l'impression de l'utiliser à chaque moment de ta vie : tu te demande même si tu ne vas pas jusqu'à l'utiliser pour respirer !

    Alors tu deviens radin. Une crêpe pour 4,50 ? Même pas en rêve, tu peux la faire toi même ta crêpe. Un pot de Ben&Jerry's à 6€ chez Monoprix alors que tu peux l'avoir pour moitié prix à Leclerc ? Pour qui te prend-t-on toi la reine des bonnes affaires sur les brocantes ?

    Les premiers mois sont faits de shopping à volonté mais ceux qui suivent sont là pour te rappeler à l'ordre et tu finis par ne bouffer que des conserves et des pâtes. Jamais tu n'en as autant vu, le cliché de l'étudiant s'avère donc juste.

    Conclusion : Vivre en ville est donc là une expérience qui s'avère tout à fait singulière et qui t'as permis de te transformer en cet être supérieur à tout problèmes. Maintenant tu es beau/belle, stylé jusqu'au bout des cheveux et personne ne se doute qu'en réalité tu viens de trouville, ce village où on met du crottin de cheval dans les champs comme engrais. Aaaaah, métamorphose et intégration réussie.


    strangecheshire.

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  • Commentaires

    1
    Samedi 27 Avril à 12:13

    Hey !

    Merci pour cet article/bilan rempli d'humour ! Tu m'as fait rire plusieurs fois, j'ai adoré le ton sarcastique que tu emploi parfois. Bon courage pour l'évolution dans cette nouvelle vie/ville, tu as oublié qu'avant tu sentais l'air pur, les champs et que maintenant tu ne sens que les pots d'échappement et les poubelles éventrées dans la rue.... Hâte de te lire de nouveau !

    Bye !

      • Samedi 27 Avril à 12:32

        Haha, merci beaucoup ! Ah oui c'est vrai, bonne remarque mdrrr, les pots d'échappement m'ont ravagé le cerveau que veux-tu x)

    2
    Samedi 6 Juillet à 15:41

    Moi aussi je vie à la campagne, et je me demande si j'arriverais à vivre en ville un jour, étant donné que je ne supporte pas le bruit !

      • Samedi 6 Juillet à 17:50
        Si ce n'est que pour les études et que tu rentre chez toi pendant les vacs, c'est assez supportable :) l'Homme a une capacité d'adaptation impressionnante !
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